31.5.17

Trois raisons d'aller voir le film Wonder Woman [Mise à jour après visionnage]

Wonder Woman, la princesse guerrière la plus célèbre de la pop-culture (avec Xéna), s'apprête à débarquer au cinéma, dans un film qui a la lourde tâche de faire oublier les récentes déconvenues cinématographiques de DC. Cette "Origin Story" située durant la Première Guerre Mondiale raconte comment Diana, princesse d'une île peuplée exclusivement de femmes, découvrit  le monde des hommes, bien avant Batman V Superman, en étant précipitée dans leur conflit.


En plus de cette bande annonce tapageuse, voici les trois raisons qui m'ont séduit dans ce film :
  1. Le premier film sur une super héroïne (non, Supergirl, Catwoman et Elektra, ça ne compte pas)
    Alors que le film solo Black Widow n'a pas l'air prêt de quitter la sphère du fantasme chez Marvel, chez DC le premier long métrage de l'ère dédié à une super héroïne est sur le point d'être dégainé. Cela ne suffira certes pas à rétablir la parité d'un point de vue quantitatif, mais – selon les premières critiques US – Wonder Woman redore le blason du DC Cinematic Universe, entaché consécutivement par Batman V Superman et Suicide Squad. Le film sonne donc comme une bonne nouvelle aussi bien pour les féministes que pour les fans de DC qui n'en pouvaient plus de voir l'image de leurs personnages préférés piétinée sur pellicule.
    À l'heure où j'écris ces lignes, Wonder Woman explose les scores des films de ses coéquipiers sur le site Rotten Tomatoes
    Ces retours positifs ne sont pas le fruit du hasard mais plutôt du travail de la réalisatrice Patty Jenkins et de sa capacité à raconter des destins extraordinaires de femmes. Elle a en effet déjà été responsable de l'écriture et de la réalisation du bouleversant Monster (disponible légalement sur Netflix), son premier film qui a valu un prix d'interprétation à Berlin, un Golden Globe et un Oscar de meilleure actrice à Charlize Theron pour son rôle d'Aileen Wuornos, la fameuse prostituée devenue serial killer. Une histoire de femme victime de la brutalité des hommes depuis son enfance, qui fera changer la terreur de camp en basculant dans une folie meurtrière et qui fait penser aux origines d'Hippolyta, mère de Diana/Wonder Woman et reine du peuple des Amazones.
    En gros, Patty Jenkins sait écrire les femmes en colère et la mise à mal du patriarcat et elle a su se montrer aussi brillante avec la super héroïne qu'avec la fameuse psychopathe ! Une vision du personnage vraiment réussie, sublimée par une  Gal Gadot guerrière tout en quadriceps et deltoïdes, mais également en mimiques attachantes.
  2. Une icône qui a su se réinventer...
    De par sa création en 1941, Wonder Woman a apporté une réponse à un besoin muet : la représentation de femmes fortes dans l'univers des comics. Loin des habituelles demoiselles en détresses et femmes perfides, Diana Prince va bouleverser les codes en sauvant à de multiples reprises son "love interest" (traduisons-ça par "crush", pour les jeunes) Steve Trevor tout en bottant les fesses de nazis durant la seconde Guerre Mondiale. Depuis, la série n'a eu de cesse d'évoluer, à commencer par le contexte historique mais également par des réécritures des pouvoirs et des origines de l'héroïne, sans jamais pour autant oublier le rôle iconique du personnage. Le choix de Patty Jenkins de situer l'action durant la Première Guerre Mondiale permet d'ailleurs de montrer l'absurdité de la guerre au travers des yeux d'une Diana dépassée par la folie des hommes.
    Toute ressemblance avec un certain Goku ne saurait être que fortuite
    En effet, si Black Panther et Luke Cage étaient là pour permettre aux enfants Afro-Américains de plus facilement s'identifier aux figures super héroïques, Wonder Woman est arrivée – créée par l'écrivain féministe William Moulton Marston – pour démontrer aux petites filles, mais également aux femmes de tous âges, qu'elles ne valent pas moins que leurs homologues masculins et qu'elles sont les seules maîtresses de leur destin. Si le film est loin d'être un brûlot féministe, il véhicule de vrais messages positifs sur le dépassement de soi, que l'on soit un homme ou une femme.


  3. ...Et séduire les plus grand.e.s
    Par la maturité de ses histoires en comics ou par le caractère gentiment kitsch (donc culte) de sa série TV avec l'immense Lynda Carter, Wonder Woman a marqué des générations d'auteur.e.s, qui ne manquent pas de rendre hommage à l'héroïne dans leurs histoires, quand ils ne la dessinent ou ne l'écrivent pas carrément. C'est ce que le numéro 0 de Comics Mag, le magazine à l'initiative de Bertrand Lacroix (fondateur du comic shop L'Intrépide, au Mans) et de Matt de LesComics.fra tâché de montrer. Ce numéro pilote donne ainsi la parole à des artistes de renom comme Yannick Paquette (le dessinateur de Wonder Woman Terre Un) ou encore Robert Valley (réalisateur d'un court-métrage Wonder Woman bien funky).
    C'est simple, en cherchant parmi les artistes du milieu, hommes comme femmes, nous pouvons difficilement trouver des détracteurs de Wonder Woman. La seule friction semble paradoxalement provenir du choc entre les différentes manières d'aimer le personnage. En effet, "Wondie" a beau être une icône féministe, elle n'en reste pas moins une femme dont les atouts physiques ne peuvent laisser les amateurs de femmes sculpturales indifférents. En découle un questionnement sur l'incompatibilité entre l'appréciation de la sensualité du personnage et sa stature emblématique. Le dessinateur Frank Cho, spécialisé dans le dessin de pin-ups est ainsi souvent pris pour cible tout en étant paradoxalement sûrement l'artiste qui aura su représenter toute la puissance et la beauté musculeuse du corps de Diana Prince en une magnifique illustration, à mille lieues de représentations caricaturales de la femme dans les comics. Patty Jenkins et Gal Gadot nous servent une représentation athlétique mais réaliste du personnage.
Vous l'aurez compris, pour moi, le film Wonder Woman est un bon film, à défaut d'être un chef-d'œuvre, aussi bien par son matériau d'origine que par la recette créative du film. Et si vous souhaitez vous plonger encore plus dans la mythologie de l'héroïne et mieux comprendre en quoi elle a su marquer l'industrie des comics et la pop-culture dans son intégralité, je ne peux que vous conseiller de vous procurer le numéro 0 de Comics Mag disponible chez vos libraires un peu partout en France.
Copyrights et sources : ComicsMag, DC ComicsIMDBUrban Comics, Warner Bros

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