Cela faisait un petit moment que les étals de nos librairies françaises n'avaient pas eu droit à un ouvrage estampillé
Robert Valley (vous savez, le mec génial derrière les clips les plus marquants de
Gorillaz et les meilleurs
DC Nation Shorts sur
Wonder Woman,
entre autres...) sur leurs étals. Cinq années, plus précisément, depuis la publication de
Blue Estate et de ses quelques planches signées par le talentueux artiste américain... et b*rdel, qu'est-ce que c'était long !!!
Avec la publication de
Pear Cider and Cigarettes, le projet multimédia de l'artiste, l'éditeur français
Akileos s'apprête à mettre fin à ce "sevrage" forcé. Enfin, peut-être n'est-ce pas le terme approprié vu la thématique abordé par ce comic book autobiographique.
On a tous dans notre entourage, plus ou moins éloigné, un ami plus cool que la moyenne et doué pour s'attirer les pires ennuis et par ricochet à ses proches aussi (si vous ne voyez pas, c'est que vous êtes cet ami).
Dans le cas de Robert Valley, cet ami avait pour nom Techno et son goût pour l'excès était tellement grand qu'il a fini par la payer de sa vie (ceci n'est pas un spoiler, on l'apprend dès les premières pages de l'ouvrage). Avant de casser sa pipe, Techno a toutefois réussi à entraîner ses proches dans une succession d'événements éprouvants, du Canada à la Chine pour essayer tant bien que mal de le sauver de ses pulsions auto-destructrices. Un périple que l'on sait voué à l'échec donc, mais vécu jusqu'au bout par un Robert Valley porté l'affection parfois déraisonnée pour son casse-couilles d'ami.

Accidents, alcool, drogues, femmes à problèmes... Techno n'épargna rien à son corps et à ses proches. Mais c'est ainsi : si on choisit peut-être ses amis, on ne choisit pas la force des sentiments que l'on éprouve pour eux et ce, malgré leurs défauts et faiblesses. Tel pourrait être le message délivré par ce somptueux roman graphique sous forme d'hommage, d'avertissement mais aussi d'encouragement adressé à tous les "Robert et Techno" du monde.

En 2012,
Robert Valley présentait le projet de l'adaptation de cette période tumultueuse sous la forme d'un court métrage d'animation entièrement réalisé sous
Photoshop (aujourd'hui retiré de la toile) et d'un livre,
Massive Swerve 4. À l'époque, j'avais eu ma mâchoire de jeune goûteur culturel décrochée par la nervosité et la fluidité du trait de
Robert Valley et sa manière d'insuffler une sensualité sauvage dans ses plans aux découpages cinématographiques et ses couleurs chaleureuses. Néanmoins, le résultat ne semblait pas être à la hauteur de ses envies et il se mit à travailler sur une seconde version plus ambitieuse de ce projet qu'il finit par financer via une campagne
Kickstarter réussie, l'année dernière. C'est la bande dessinée remastérisée (compilant
Massive Swerve 4 et
5) issue de ce projet qu'
Akileos nous propose dans une version aussi qualitative qu'abordable avec ses 176 pages au prix de 19 euros. Une préparation parfaite pour le court métrage d'une trentaine de minutes prévu pour le 21 juillet prochain.