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5.4.16

Interview de Florent Degletagne (Bliss Comics) : un parfum de félicité pour les amateurs de comics indés ?

Je vous parlais précédemment de mon amour immodéré pour la branche indépendante de la bande dessinée américaine et pour ses créations fraîches et originales me poussant à consommer pas mal de comics en VO. Eh bien, figurez-vous que mon "budget import" pourrait bientôt se voir une fois de plus réduit grâce à une jeune maison d'édition bordelaise. Son petit nom ? Bliss Comics. Ses ambitions ? Ramener le riche catalogue Valiant en France et le traiter avec le respect qu'il mérite.
J'ai pu interviewer Florent Degletagne, un de ses co-fondateurs la semaine de son lancement.
Photo de famille des personnages de l'univers Valiant, par Pere Perez
" Valiant c'est un peu le meilleur des deux mondes avec des concepts riches exploités pour des super héros qui pourraient sembler classiques, le tout entre les mains d'auteurs non-entravés dans leur créativité. " Florent (Bliss Comics)
Le Goûteur Culturel : Bonjour Florent, merci d'avoir accepté cette interview malgré tous les préparatifs de la PCE (NDLR : Paris Comics Expo, festival dédié aux comics qui se déroulera les 15, 16 et 17 avril prochain) et du FCBD (NDLR : jour de folie où vous pourrez récupérer des comics gratuits chez vos libraires, le 7 mai prochain). Si j'ai bien compris, Bliss Comics a deux papas, quels sont vos rôles ?
Florent Degletagne: Oui, nous sommes effectivement deux dans l'aventure. Mon associé Jérémy Briam, de son côté, cumule son boulot avec ses fonctions dans la boîte où il s'occupe des traductions. Pour ma part, j'ai quitté mon précédent travail de Tourneur chez Ruq Spectacles (NDLR : la société de production de spectacle de Laurent Ruquier) en décembre pour m'y investir à plein temps, notamment pour bosser sur les maquettes et la promotion. J'ai jonglé entre les deux d'octobre à décembre 2015.
LGC : Et vous faites tout ça depuis Bordeaux ? Quelle a été votre formation ? Était-elle tournée vers l'édito ?
Florent : J'y ai déménagé récemment, oui. J'ai eu une formation dans les métiers de la culture mais rien concernant l'édito. Je pense par contre mon expérience de Tourneur et de promoteur culturel constitue un atout dans la politique de mise en avant des auteurs que nous souhaitons mettre en place.
LGC : Des auteurs exceptionnels, l'écurie Valiant Comics n'en manque pas, en plus de leur donner une liberté de ton assez rare pour une production super-héroïque, selon moi.
Florent : Oui, c'est exactement ça ! Valiant c'est un peu le meilleur des deux mondes avec des concepts riches exploités pour des super héros qui pourraient sembler classiques, le tout entre les mains d'auteurs non-entravés dans leur créativité, comme Jeff Lemire. Nous accorderons donc une importance toute particulière aux crédits et le site (NDLR : encore en construction et entre les mains du designer Pierre Lainé, également papa du logo Bliss Comics), fera la part belle à des fiches de collections et d'auteurs.
 Découvrir Bloodshot
Je suis tombé dans la marmite comics en 2012, ce qui colle avec l'arrivée d'Urban Comics sur le marché : Batman Sombre Reflet et Watchmen m'ont filé d'énormes claques !. " Florent (Bliss Comics) 
LGC : Vos deux premières publications physiques seront disponibles en librairie le 28 avril prochain (avec une avant-première à la PCE du 15 au 17) au prix de 10 €, mais vous proposez également en numérique, depuis le 23 mars dernier, les titres précédemment publiés par Panini Comics. Avec des premiers tomes à 0,99 € et les suivants à 5,99 € (6,99 € pour les inédits comme Bloodshot tome 4), vous avez une des politiques de prix les plus attractives du marché, qu'est-ce qui vous a motivé à faire ces choix ?
Florent : C'est l'envie d'intéresser le grand public à la richesse du catalogue Valiant et lui transmettre (ainsi qu'aux libraires avec lesquels nous souhaitons travailler main dans la main) notre enthousiasme. Nous appliquerons ce prix de lancement de 10 € à nos tomes 1 et même au one-shot (NDLR : numéro unique) The Valiant. Les mois d'avril à juin serviront de période d'expérimentation qui nous permettra de mieux caler notre ligne éditoriale et notre politique de prix.
Bloodshot Reborn, Tome 1 The Valiant
LGC : Tu parles d'enthousiasme et tu as l'air vraiment passionné par ton catalogue. Quand es-tu tombé dans la marmite comics et comment en es-tu arrivé à vouloir porter la casquette d'éditeur ?
Florent : Je suis tombé dans la marmite comics en 2012, ce qui colle avec l'arrivée d'Urban Comics sur le marché : Batman Sombre Reflet et Watchmen m'ont filé d'énormes claques ! Avant ça, je lisais essentiellement des romans de science-fiction et d'épouvante à la Asimov et Stephen King mais très peu de BD et toujours dans la SF avec des séries comme Aldébaran. Depuis, je me suis bien rattrapé et mes étagères BD se sont multipliées (rires) ! 
LGC : Du coup, quels sont, selon toi, les œuvres majeures qui ont pu façonner tes goûts de lecteur comics et d'éditeur ?
Florent : Vaste question, mais je dirais la partie de la Doom Patrol écrite par Grant MorrisonV pour Vendetta d'Alan Moore et comme je l'indiquais précédemment les Detective Comics de Scott Snyder. Je suis un gros fan de la "British Invasion" et de l'écurie Vertigo.
LGC : Tu as eu des coups de cœur récemment ? Du Valiant dans le lot ?  
Florent : Haha ! Bien sûr qu'il y a du Valiant ! Je suis un fan de la première heure et j'ai suivi leurs publications en V.O avec des grosses baffes dans la gueule comme Raï, qui sera d'ailleurs au centre du gros événement Valiant de l'été : 4001 AD ! Récemment, je suis tombé amoureux de Love and Rockets des frères Hernandez
 Découvrir Archer & Armstrong
 J'espère vraiment que notre politique de prix saura séduire les lecteurs encore réticents au numériques : il y en a quand même pour 600 pages de comics pour moins de 5 € concernant les premiers tomes " Florent (Bliss Comics) 
LGC : Maintenant, passons aux questions les plus glamours : niveau financement, comment avez-vous trouvé les fonds pour monter la maison ? Vous avez pu avoir des subventions ?  
Florent Bliss est une boîte privée auto-financée mais nous ne crachons sur aucunes aides éventuelles haha ! Nous aimerions avoir droit à des subventions mais le fait d'être dans l'adaptation et non la création ne nous y donne pas droit. Nous sommes considérés comme des gestionnaires de licences vu que nous ne publions pas d'auteurs français. 
LGC : Et ça n'a pas été trop compliqué de monter votre dossier et de convaincre Valiant de vous confier leurs licences ? Tu as dû te déplacer aux États-Unis pour signer des contrats ?
Florent : Les négociations se sont déroulées par Skype et par mail et se sont plutôt bien passées. Quand j'ai su fin septembre 2015 que Panini lâchait les droits (NDLR : via une réponse à un commentaire sur Facebook), j'ai envoyé envoyé dans la foulée un mail au responsable du licensing de Valiant. Le courant est bien passé et tous nos échanges et discussions sont basées sur une totale transparence quand à notre passion et notre envie de promouvoir leurs licences en France.
LGC : D'ailleurs, as-tu des craintes concernant ton lancement suite au "traitement particulier" que Panini a réservé à leurs séries en France ?
Florent : Pour moi, le principal obstacle vient plutôt de la perception des comics numériques en France. J'espère vraiment que notre politique de prix saura séduire les lecteurs encore réticents au numériques : il y en a quand même pour 600 pages de comics pour moins de 5 € concernant les premiers tomes (rires).
Concernant les difficultés d'édition causées par la politique de publication de Panini, il y a déjà la question du traitement des séries qu'ils avaient entamées, d'où notre politique de publications numériques pour rattacher les wagons sans perdre trop de temps et d'argent. Si nous avions décidé de tout republier en papier alors que Panini avait arrêté la plupart de ses publications en octobre 2014, nous nous serions coupés des nouveautés et donc de la possibilité de séduire plus de lecteurs.
LGC : Et vous avez songé à les proposer prochainement en P.O.D (NDLR : impression à la demande) ?
Florent : Cela fait partie des solutions envisagées mais nous privilégions une politique d'intégrales et d'omnibus. Nous proposerons en automne, par exemple, une intégrale de 350 pages des trois premiers tomes de Raï comprenant les deux tomes publiés par Panini ainsi que le troisième, inédit en France et un max de bonus.
 Découvrir Harbinger
LGC : Continuons dans les considérations techniques avec la question qui doit intéresser la plupart des lecteurs : "vos livres numériques, avec ou sans DRM ?"
Florent : Ils sont avec DRM (NDLR : mesure de protection électronique contre le piratage se traduisant par des restrictions d'utilisation de contenu) pour l'instant, c'est une contrainte imposée par Comixology, mais nous travaillons pour trouver une solution pour les enlever.
LGC : Tu parles de Comixology, mais peux-tu m'en dire plus concernant la distribution et la diffusion physique et numérique de vos titres ?
Florent : Nous sommes distribués en librairies par Makassar qui s'occupe des kiosques Urban et niveau numérique, nous passons directement par Comixology et par Izneo pour la diffusion vers les autres librairies numériques.
LGC : Merci pour toutes ces réponses Florent, j'ai vraiment hâte de découvrir tout ce que Bliss nous prépare dans les prochains mois ! D'ailleurs je vais arrêter de t'embêter et te laisser travailler tranquillement !
Florent : Merci et à bientôt à la PCE
 Découvrir Quantum & Woody
Politique de prix attractive, logique éditoriale intelligente, fondateurs passionnés et professionnels. Vous l'aurez donc compris, avec Bliss Comics, les licences Valiant Comics semblent être entre de bonnes mains pour leur retour en France. J'espère que vous accorderez un accueil chaleureux à cette jeune maison d'édition et à son catalogue si riche et dépaysant !


Récapitulatif de lancement
Bliss Comics

Publications numériques déjà disponibles au 07/04/16
Publications physiques prévues pour le 28/04/16 (ou le 15/04/16 à la PCE)
Publication physique prévue pour le 27/05/16
Formats et détails techniques
  • Ouvrages physiques : 170x240 mm, reliés, 10 € pour plus de 100 pages (prix de lancement)
  • Ouvrages numériques : 5,99 € (tomes 1 à 0,99 € !) pour plus de 100 pages, avec DRM

11.2.16

Spécial Angoulême - Dustin Nguyen, l'interview en mode machine qui rêve


Après ma rencontre avec Jason Latour, je n'ai pas tout de suite quitté l'ambiance américaine du stand d'Urban Comics, j'avais rendez-vous avec un autre auteur d'exception : Dustin Nguyen. Si ses versions toutes choupies des personnages de l'univers de Batman avaient su émerveiller petits et grands en fin d'année dernière dans Little Gotham, j'étais plutôt là pour lui poser quelques questions sur sa collaboration avec Jeff Lemire sur Descender et en savoir plus sur ses influences métissées.
"J'ai toujours voulu dessiner, même quand je bossais en tant qu'architecte 3D. Du coup, j'ai cravaché dur pour y arriver. J'ai même vécu dans un petit studio avec cinq autres personnes qui partageaient le même rêve." Dustin Nguyen
Le Goûteur Culturel : Bonjour Monsieur Nguyen. Pourriez-vous vous présenter et nous dire quels ont été vos premiers contacts avec le monde de la BD ?
Dustin Nguyen : Bonjour, je suis né au Vietnam et je vis en Californie.
J'ai grandi en matant des séries d'animation à la Transformers ou Robotech et en lisant du Mike Mignola, du Ken Williams et du Jon Muth. J'ai aussi lu pas mal de magazines Heavy Metal et d'auteurs européens comme Moebius, Corben et bien d'autres encore même si je n'ai pas retenu tous les noms.
LGC : La jeunesse des meilleurs (rires) ! Mais si vous ne deviez retenir que trois œuvres parmi tous ces monuments ?
Dustin Nguyen : Ah ! C'est une question compliquée mais je dirais le Dracula de Jon Muth, tout simplement sublime, le tome 1 de Batman Black & White et le manga Blade of the Immortal (L'Habitant de l'infini en VF, chez Casterman) pour son storytelling de malade !
LGC : Aha ! Vous êtes aussi amateur de mangas ? Vous en regardez toujours ?
Dustin Nguyen : Je n'ai malheureusement plus trop le temps, mais récemment j'ai vraiment adoré Welcome to the NHK (Bienvenue dans la NHK en VF, chez Soleil Manga). J'ai d'abord découvert l'animé et j'ai continué avec le manga.
LGC : Encore de la bonne (rires). Avec de telles influences, je comprends mieux votre trait métissé et les influences qui transparaissent ! Mais du coup vous avez fait des études pour devenir dessinateur du coup ?
Dustin Nguyen : Nope ! J'ai toujours voulu dessiner, même quand je bossais en tant qu'architecte 3D. Du coup, j'ai cravaché dur pour y arriver. J'ai même vécu dans un petit studio avec cinq autres personnes qui partageaient le même rêve. Nous nous influencions mutuellement et nous sommes devenus vraiment potes, même si au final je suis le seul à avoir fait carrière dans la BD.
"C'est très simple de bosser avec Jeff, organique même, je dirais. Je comprends ce que Jeff me demande et lui, comprend tous mes croquis, c'est génial !" Dustin Nguyen
LGC : À propos de carrière et actualité oblige, pouvez vous m'en dire plus sur votre méthode de travail avec Jeff Lemire sur Descender ? Est-ce compliqué de donner forme à ses idées ? Avez-vous dû effectuer des recherches pour dessiner les machines de cet univers SF et sentimental ?
Dustin Nguyen : Oh, c'est très simple de bosser avec Jeff, organique même, je dirais. Je comprends ce que Jeff me demande et lui, comprend tous mes croquis, c'est génial ! J'ai effectivement fait quelques recherches sur les machines et plus particulièrement celles des années 80 et 90. J'ai également cherché du côté de la mécanique et des modèles 3D.
Ce qui est cool avec Descender, c'est que je peux expérimenter des trucs originaux niveau dessins et concepts graphiques ! Ce n'est pas de la SF figée et Jeff me laisse pas mal de liberté !
LGC : Une machine bien huilée, c'est cool ! Et vous comptez collaborer sur ce titre pour combien de numéros ? Avez-vous d'autres projets dans les tiroirs ?
Dustin Nguyen : J'ai signé pour 30 numéros et en parallèle, je bosse sur Secret Heroes Society (les enquêtes de Batman, Superman et Wonder Woman en mode teenage) avec Derek Fridolfs (avec lequel il avait déjà travaillé sur Little Gotham) chez DC Comics. Sinon, j'ai un livre pour enfants en préparation avec ma femme. Il est basé sur Where the sidewalks ends, le recueil de poésies de Shel Silverstein. Je suis super excité de bosser dessus, il fait aussi partie de mes grandes sources d'inspiration.
"Sublime reste mon groupe préféré. Il m'a tellement marqué que j'ai appelé mon fils Bradley en hommage à son chanteur (rires) !" Dustin Nguyen
LGC : Bon, terminons sur des questions plus "légères", j'ai pu écouter la playlist Spotify de Jeff Lemire pour Descender, avez-vous aussi un rapport particulier avec la musique ?
Dustin Nguyen : Je suis resté bloqué dans les années 90 niveau musique ! J'adore les Smashing Pumpkins et le hip-hop qui sonne bien 90's. Mais Sublime reste mon groupe préféré (ils sont californiens, c'est un "groupe local" pour lui). Il m'a tellement marqué que j'ai appelé mon fils Bradley en hommage à son chanteur (rires) !
LGC : Et niveau films, vous avez des références ? Si vous deviez m'en citer 3 ?
Dustin Nguyen :  Fallen Angels de Wong Kar Wai, Braveheart, qui est pour moi la définition même du terme épique et enfin Monsters de Gareth Edwards qui est un magnifique film de voyage, en fait !
LGC : Merci pour toutes ces réponses... Ah, j'allais oublier : "Frank Miller ou Alan Moore ?" 
Dustin Nguyen : Alan Moore à cause de Killing Joke mais Frank Miller pour l'inspiration en tant qu'artiste.
Southern Bastards, tome 1 Southern Bastards, tome 2
Bonus : La playlist Descender sur Spotify


Mais qui est Dustin Nguyen ?

Bio
  • Date de naissance : 1976
  • Nationalité : Américaine
Recette créative
  • ingrédients favoris : Imagerie pastelle et poétique
Qu'ils soient indépendants ou "mainstream", on retrouve quasiment à tous les coups une certaine tendresse dans les travaux et la gestion des couleurs de Dustin Nguyen. Une douceur presque enfantine qui ne dessert pourtant jamais l'intensité qu'il souhaite donner aux récits qu'il illustre. Il l'aura prouvé lors de son passage sur Batman et maintenant avec le sublime Descender.

Les œuvres cultes de Dustin Nguyen

BD
  • Dracula de Jon Muth
  • Batman Black & White (Bob Kane, Neil Gaiman, Brian Bolland)
  • Blade of the immortal (Hiroaki Samura)
Musique
  • Sublime
  • The Smashing Pumpkins
  • Le Hip-hop des 90's
Cinéma et séries TV
  • Fallen Angels (Wong Kar Wai)
  • Braveheart (Mel Gibson)
  • Monsters (Gareth Edwards)