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3.5.16

Focus : découvrez Matthieu Bonhomme et son Lucky Luke sans filtre

Avec la tendance au revival et à la modernisation de figures incontournables de la pop culture, le terme "hommage" a eu un peu trop tendance à être galvaudé, devenant un adjectif de légitimation commercial et marketing plutôt qu'artistique (vous voulez des noms ? Je suis un Goûteur, pas un délateur... oui, je suis un peu lâche aussi). C'est comme ça : les vrais hommages ont fini par prendre des airs de licornes avec leur caractère fabuleux mais ô combien rare.
Du coup, lorsque Dargaud a annoncé que Matthieu Bonhomme allait nous proposer un album hommage à Lucky Luke, mon palais a tout de suite frémis d'excitation à la perspective de savourer le travail d'un auteur talentueux sur une œuvre aussi importante dans la composition de son ADN artistique.
Matthieu Bonhomme c'est –pour ceux qui ne le connaissent pas encore (ça existe, on ne leur en veut pas, mais après cet article ils n'auront plus aucunes excuses)– un des représentants les plus talentueux d'une génération d'auteurs quadragénaires biberonnés aux classiques et ayant eu l'opportunité de faire leurs premières classes sous le regard bienveillant de légendes comme Jean-Claude Mézières (Valérian et Laureline) ou Serge Le Tendre (La Quête de l'oiseau du temps).
Avec de tels mentors et une approche aussi sensible qu'esthétique de la narration, Matthieu Bonhomme obtiendra un Alph-Art en 2004 avec L'Âge de raison, bluffera les amateurs de récits d'aventure avec Le Voyage d'Esteban et attirera l'attention d'une autre pointure de la BD, Lewis Trondheim, avec lequel il signa Texas Cowboys, la série qui lui donna l'envie de revenir vers le western et de proposer à Dargaud de dessiner un album de Lucky Luke.
Le résultat ? Une bande dessinée résolument moderne tout en faisant preuve d'une fidélité sans failles aux origines du personnage que l'auteur avait la lourde tâche de réinventer, le temps d'un one shot (NDLR : aventure unique). En réalité, je crois que si L'Homme qui tua Lucky Luke plait autant, c'est parce que les lecteurs ont ressenti que derrière l'hommage se cache une œuvre personnelle habitée par l'ADN de son créateur : en plus de ses nombreuses influences western, Matthieu Bonhomme avoue également y avoir mis beaucoup de sa personne et de ses réflexions (son rapport à la fraternité et plus généralement aux responsabilités qu'ont les grands frères vis-à-vis de leurs cadets). Chapeau.


Un sacré pedigree et un album mené de main de maître qui me poussèrent à m'éclipser d'un événement familial en plein après-midi et à slalomer entre des véhicules d'une course vintage pour rencontrer l'auteur lors d'un événement organisé par la Librairie Bulle afin de lui poser quelques questions au sujet de sa reprise virtuose du "cowboy qui tire plus vite que son ombre".
LGC : Bonjour Monsieur Bonhomme, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions après cette journée marathon de dédicaces ! On va commencer en douceur : pouvez-vous m'indiquer comment vous avez attrapé le virus de la BD et quelles sont vos trois œuvres cultes ? 
Matthieu Bonhomme : Quand j'étais petit, je lisais principalement des bandes dessinées tandis que je n'appréciais pas vraiment la lecture de romans. J'étais emporté à chaque fois et ça m'a donné goût au dessin. Si je ne devais retenir que trois albums, ce serait forcément un Lucky LukeLe Pied-tendre, je pense– de Morris et Goscinny, La Ballade de la mer salée (NDLR : la première histoire de Corto Maltese) d'Hugo Pratt et enfin À la recherche de Peter Pan de Cosey.
LGC : Et vous n'avez jamais été attiré par un autre métier ? 
Matthieu Bonhomme : Non, la bande dessinée ça a toujours été un rêve pour moi et je me suis empressé de le réaliser dès que je me suis rendu compte que c'était un métier : quand j'étais petit, je ne m'en rendais pas compte mais je mourrais déjà d'envie d'en faire. Je me suis un peu essayé à la musique mais le résultat était affreux, je ne suis vraiment pas fait pour ça (rires).
LGC : Ah, vous êtes également un amateur de musique ? Vous dessinez en musique ? Vous avez démontré durant la rencontre de tout à l'heure que vous avez une grosse culture western cinématographique mais qu'en est-il des autres médias ? Vous lisez des romans, vous avez joué au jeu vidéo Red Dead Redemption ?
Matthieu Bonhomme : Oui, je suis un gros fan de musique. J'adore le rock alternatif et les BO de films ! Je me fais des playlists pour bosser en fonction des ambiances de mes récits : lorsque je dessine des westerns c'est playlist western. Je ne joue pas aux jeux vidéo mais je consomme pas mal de films et de romans en tant que sources de documentation potentielles. Sur ma table de chevet, un roman sur deux est une lecture d'évasion et d'aventure.
Un extrait présentant deux des pirouettes narratives et artistiques utilisées par Matthieu Bonhomme
LGC : Pour revenir au western qui nous intéresse et son cowboy, auriez-vous accepté de reprendre un autre personnage culte que Lucky Luke ? On a vu Corto Maltese et Bob Morane revenir sous les crayons de nouveaux dessinateurs, avez-vous eu d'autres propositions ?
Matthieu Bonhomme : On m'a proposé de reprendre des séries comme XIII, Spirou ou Blake et Mortimer mais je refusais à chaque fois en disant que je voulais un Lucky Luke. Par contre je souhaitais que ce soit un hors-série pour la liberté d'expression et ne pas avoir à "dessiner comme". 
LGC : Dernière question pour finir et vous laisser enfin souffler un peu. Dans Le Voyage Esteban, vous embarquez le lecteur dans l'univers des chasseurs de baleine du début du vingtième siècle et dans L'Homme qui tua Lucky Luke, vous abordez la fin de l'ère des cowboys : avez-vous une prédilection pour les thèmes crépusculaires et les changements d'époques ? C'est pour donner une touche poétique à vos récits ?
Matthieu Bonhomme : En fait, je me fie plutôt aux territoires d'aventures, les changements d'époques sont juste propices à celles-ci. Pour ce qui est de la poésie qu'on peut déceler dans mes récits, c'est plutôt dû à mon interprétation et à mes émotions personnelles que je veux leur insuffler.
LGC : Un grand merci pour vos réponses, bon retour à Paris !
Bonus : Avant d'enfourcher son cheval de fer pour quitter l'ouest et ses terres mancelles, Matthieu Bonhomme pris le temps de poser devant l'affiche réalisée par ses soins pour l'occasion, avec Samuel Chauveau, le fondateur de la librairie Bulle ainsi que les cowboys de l'association La Valise à cheval qui avaient assuré des animations et une ambiance dignes du temps de notre cher Lucky Luke.

Alors, ça a quel goût
L'Homme qui tua Lucky Luke ?

Caractéristiques principales
  • Genre : western
  • Style graphique : franco-belge, semi-réaliste
œuvres similaires
  • BD et romans : les Lucky Luke de Morris, Le Sang des Dalton
  • Ciné & TV : Impitoyable, L'Homme qui tua Liberty Valance,  
  • Jeux Vidéo : Red Dead Redemption, Gun
  • Musique : les BO de westerns, de la folk à la Neil Young


Même s'il s'agit d'un one shot à ne pas intégrer dans le canon de la série, L'Homme qui tua Lucky Luke a su saisir tout ce qui faisait le sel des premières aventures du cowboy solitaire tout en gardant une identité propre savoureuse. Le Lucky Luke de Matthieu Bonhomme est à l'image de son auteur : une pépite d'or pur !


L'Homme qui tua Lucky Luke
Auteur : Matthieu Bonhomme
Éditeur : Dargaud
Nombre de pages : 64 pages
Prix : 14,99 €

25.4.16

Le Cœur de l'ombre : Roberto Ricci et Laura Iorio braquent nos cœurs à l'italienne

Cet article est tiré de mon interview de Laura Iorio et de Roberto Ricci. Il se concentre sur Le Cœur de l'ombre, la nouvelle collaboration du couple publiée aux éditions Dargaud.
En prenant de l'âge, les contes prennent une saveur toute particulière avec toute cette noirceur en arrière-goût que nous parvenons enfin à déceler grâce à nos palais adultes. C'est cette essence douce-amère que Tim Burton a d'ailleurs su capturer dans ses premiers films, assaisonnant le tout à la sauce gothique. Depuis, ce conteur de l'étrange s'est quelque peu perdu dans des dimensions plus édulcorées mais, en attendant qu'il retrouve le "droit chemin" (avec Miss Peregrine's Home for Peculiar Children ?), une foule d'artistes ayant été influencés par sa patte nous livrent leurs visions fantasmagoriques des contes pour enfants. C'est le cas de Laura Iorio, de Roberto Ricci et de Marco Cosimo D'Amico qui s'apprêtent à nous livrer Le Cœur de l'ombre. Compte-rendu de mon interview centrée sur Laura Iorio et de mon premier contact avec L'Uomo nero.
Laura Iorio et Roberto Ricci, toujours souriants
LGC : Alors, que pouvez-vous me dire sur Le Cœur de l'ombreLaura ? Est-ce votre premier travail de couple avec Roberto ?
Laura Iorio : Non, nous avons déjà travaillé ensemble chez BDMusic sur l'ouvrage  June Christy scénarisé par Giancarlo Dimaggio. Je m'occupe des illustrations et du scénario avec Marco Cosimo D'Amico, tandis que Roberto se charge du storyboarding et de la couleur avec moi. Je travaille dans l'illustration à la base, mais comme c'est un secteur compliqué, je me suis également tournée vers la BD. Depuis 2015, j'ai recommencé à travailler dans l'illustration et je prépare un premier album illustré sur un conte écrit par mon amie et collègue Daniela Volpari.  
Le Cœur de l'ombre, c'est l'histoire de Luc, un petit garçon français de 10 ans avec des origines italiennes. Il a la particularité d'avoir peur de tout à cause d'une mère protectrice. Chaque nuit il reçoit en fait la visite de L'Uomo Nero / L'Homme Noir, un croque-mitaine de célèbres comptines italiennes utilisé par les parents pour forcer les enfants à être sages.

Laura Iorio : Une nuit, Luc arrive à toucher L'Uomo Nero, ce qui inquiète celui-ci. Du coup, il emmène le petit garçon au Royaume des ombres, le monde de tous les Boogie Men (NDLR : croque-mitaines), très inspiré par l'esthétique de Tim Burton. Ce sera le début d'un road trip aux airs de quête initiatique dans le monde entier entre toutes les dimensions pour en savoir plus sur le phénomène du fameux contact physique. 
Illustration préparatoire et recherche pour L'Uomo Nero
LGC : Ça a l'air vraiment excellent ! Je suis friand de BD jeunesse et votre patte graphique fait bien ressortir la thématique fantasmagorique du récit. On ressent une influence "Burtonesque" mais pas que. Quelles sont vos autres sources d'inspiration ?
Laura Iorio : Pour l'illustration, mes références sont Rebecca Dautremer et notamment son Babayaga, les courants de peinture comme les Préraphaélites (mouvement de peinture anglaise du 19e siècle) et le Golden Age Américain (1880-1920) dont Norman Rockwell était un des plus célèbres représentants. Enfin,comme Roberto, je suis une grande fan de Bernie Wrightson et de son Frankenstein.
Niveau BD, je suis très manga et j'adore La Rose de Versailles / Lady Oscar de Riyoko IkedaVideo Girl Aï de Masakazu Katsura et Maison Ikkoku de Rumiko Takahashi, J'ai d'ailleurs voté pour cette dernière pour le Grand Prix d'Angoulême. J'ai aussi quelques coups de cœur comics et BD dont le Elektra Assassin de Bill Sienkiewicz et l'œuvre entière du dessinateur italien Gipi (Notes pour une histoire de guerre).
 Découvrez les magnifiques peintures de Laura Iorio
Laura Iorio est une virtuose de la gouache sur papier 
Pour les films, je suis bien entendu fan de Tim Burton mais aussi de Thrillers et d'adaptations de romans. Si je devais dresser une liste, ce serait Sunset Blvd. de Billy WilderArsenic and Old Lace de Frank Capra et Back To The Future de Robert Zemeckis.
Pour la musique, j'écoute pas mal de jazz et de grandes voix féminines comme Aretha Franklin ou Ella Fitzgerald et je suis une grande fan de David Bowie.
LGC : Je vous remercie pour toutes ces réponses, je surveillerai Le Cœur de l'ombre avec attention. Bonne continuation à tous les deux et à bientôt !
Laura et Roberto : À bientôt !
Sources images : Le blog de Laura Iorio 

Alors, ça a quel goût Le Cœur de l'ombre ?

Caractéristiques principales
  • Genre : conte fantasmagorique, BD jeunesse, aventure
  • Style graphique : illustration à la peinture, esthtéique gothique
œuvres similaires
  • BD et romans : L'Étrange vie de Nobody Owens, La Triste fin du petit Enfant Huitre et autres histoires
  • Ciné & TV : Coraline, Paranorman, Nocturna 
  • Jeux Vidéo : American McGee's Alice, Puppeteer
  • Musique : les BO des films de Tim Burton (avant Alice), les compositions de Bruno Coulais
Prenant la forme d'un conte fantasmagorique surprenant graphiquement, Le Cœur de l'ombre nous propose un road trip initiatique  pour exorciser les peurs de l'enfance. Un récit destiné aussi bien aux enfants qu'à leurs parents.

Le Cœur de l'ombre
Auteurs : Laura Iorio (scénario et dessins) Marco Cosimo D'Amico (scénario), et Roberto Ricci (dessins)
Éditeur : Dargaud
Nombre de pages : 104 pages
Date de sortie : 29/04/16
Prix : 17,95 €

25.4.16

Roberto Ricci et Laura Iorio : l'intégrale de l'interview

Hey oui, l'édition 2016 du FIBD d'Angoulême fut tellement riche en rencontres que, près de trois mois après, je continue à publier des compte-rendus d'interviews d'auteurs. Aujourd'hui je vous propose de découvrir Roberto Ricci et Laura Iorio, un fabuleux couple d'artistes italiens dont Le Cœur de l'ombre, leur dernière œuvre commune, est sur le point d'être publiée aux éditions Dargaud.
La première partie sera concentrée sur le parcours de Roberto Ricci et à Urban, la série sur laquelle il travaille avec le scénariste prolifique Luc Brunschwig (Bob Morane - Renaissance, Léviathan, Le Pouvoir des innocents...), tandis que la seconde sera dédiée au Cœur de l'ombre.
Le Goûteur Culturel : Bonjour Roberto, pouvez-vous vous présenter, s'il vous plait ?Qu'est-ce qui vous a amené à faire de la bande dessinée ?
Roberto Ricci : À la base je devais être guitariste, j'étais même plutôt bon et jusqu'à mes 20 ans, j'avais pour objectif de devenir musicien professionnel. Et puis j'ai eu un problème au tendon qui m'a ramené vers ma deuxième passion, la bande dessinée. D'ailleurs, ma passion pour la BD est née vers mes 11-12 ans, quand j'ai découvert Moebius et le Ronin de Frank Miller. Ces deux auteurs m'ont fait comprendre que la bande dessinée était au-delà de Mickey : Quand j'étais enfant, je n'avais pas vraiment accès aux autres types de BD et c'est un problème qu'ont eu pas mal d'Italiens de ma génération. Ah et sinon, j'ai également essayé d'autres boulots mais je m'ennuyais à chaque fois (rires). 
LGC : Ça veut dire que dans une autre réalité, il y a peut-être un Roberto Ricci rockstar (rires). Et du coup, vous avez suivi une formation ? quelles ont été vos premières expériences en tant que dessinateur ?
Roberto Ricci : J'ai fait un an d'école de BD mais je trouvais ça trop cher. J'ai donc essayé de m'améliorer en autodidacte en me basant sur les travaux d'auteurs comme Bernie Wrightson et ses illustrations magnifiques sur la Créature de Frankenstein. J'ai vraiment essayé de me rapprocher de son style tandis que je m'entraînais à la colorisation en Italie en bossant sur des albums jeunesse. 
Mon premier gros contrat fut pour Heavy Metal USA à la fin des années 90. J'utilisais un style graphique différent à chacune de mes histoires, c'était comme un labo d'expérimentation qui m'a permis de constituer une sorte de portfolio. Au début des années 2000, un ami m'a averti qu'un scénariste cherchait un dessinateur en France.

LGC : Ce scénariste, c'était Philippe Saimbert pour Les Âmes d'Helios, j'imagine. Comment s'est passée votre collaboration ?
Roberto Ricci : Oui, c'était bien lui. La bande dessinée est née d'échanges compliqués en italien et en français et j'ai acheté un ordinateur exprès pour pouvoir communiquer avec lui (rires). Nous avons ensuite envoyé notre projet à un paquet d'éditeurs et ce sont Delcourt et Dargaud qui se sont les premiers montrés intéressés. Nous avons signé avec Delcourt et j'ai décidé d'embarquer pour Paris et d'apprendre le français. Les projets se sont ensuite enchaînés tandis que j'enseignais en parallèle dans l'école de BD dans laquelle j'avais fait mon année d'essai : j'étais du coup un jeune prof de 23 ans au milieu d'élèves souvent plus vieux que moi (rires).
LGC : Et ça n'a pas été trop difficile niveau rythme de vie et de travail ?
Roberto Ricci : J'ai travaillé dur sur Les Âmes d'Helios pour boucler les 4 tomes en 5 ans. Je suis devenu storyboarder pour d'autres artistes par la suite sur des titres comme Breakpoint de Philippe Saimbert et d'Andrea Mutti chez Albin Michel. C'était super rare pour l'époque, surtout pour Albin Michel qui ne savait pas trop comment contractualiser la tâche de storyboarding. 
LGC : Vous ne travaillez que sur des projets français ? Vous n'êtes pas tenté pas des travaux 100% italiens ? 
Roberto Ricci : J'ai bien sûr fait des essais de travaux en Italie, notamment des couvertures pour le magazine gore Splatter, mais je travaille essentiellement pour la France... Même si mon studio de travail parisien a été longtemps 100% italien (rires). En ce moment par exemple, je travaille sur Le Cœur de l'ombre, un nouveau projet chez Dargaud avec ma compagne (NDLR Laura Iorio qui accompagnait Roberto pour l'interview et qui vaquait tranquillement à ses occupations, l'air de rien alors qu'elle préparait un tel projet).
LGC : Oh !? Puis-je vous poser quelques questions à ce sujet après l'interview ? Madame Iorio, accepteriez-vous de vous joindre à nous pour me présenter le projet ?
Laura Iorio : Bien sûr, j'en serai ravie ! 

LGC :  À propos de collaborations, vous travaillez avec Luc Brunschwig  depuis 5 ans sur la série Urban dont je suis un énorme fan. Pouvez-vous m'en dire plus sur votre duo de choc s'il vous plaît ?
Roberto Ricci : On s'est rencontrés en 2008, au moment où on essayait de faire éditer Le Cœur de l'ombre avec LauraLuc était alors éditeur chez Futuropolis. Il refusa le projet mais nous restâmes en contact (rires). J'ai ensuite commencé à bosser avec Marco D'Amico sur Moksha, une BD chez Robert Laffont mais l'éditeur stoppa sa collection en 2009 et la série s'arrêta au tome 1. J'ai recontacté Luc pour lui proposer de faire un one shot pour lui, c'est là qu'il m'embarqua dans l'aventure Urban en me la présentant comme un projet en 6 tomes.
LGC : Je crois que Luc Brunschwig avait déjà tenté de narrer l'histoire d'Urban sous le nom d'Urban Games avec Jean-Christophe Raufflet en 1999. Ça n'a pas été trop compliqué de reprendre le projet des années après ?
Roberto Ricci : Oui, l'histoire avait été publiée sous une forme incomplète chez Les Humanoïdes Associés et il y avait eu un problème avec le dessinateur d'origine. Au début j'étais tenté de refuser de reprendre le projet car j'en avais marre de bosser sur de la SF, je souhaitais réellement dessiner des tranches de vie à cette époque. Luc m'envoya quand-même le scénario et ce fut le coup de foudre de mon côté. Futuropolis racheta donc les droits de la série aux Humanos, je fis un essai pour le personnage de Zach (le personnage principal) et ce fut au tour de Luc d'avoir le coup de foudre (rires).  
LGC : Ah l'amour ! J'imagine que cette "symbiose" de vos visions artistiques influent positivement sur votre méthode de travail.
Roberto Ricci : Nous travaillons essentiellement par mail et par Skype. C'est parfois long car les descriptions que Luc m'envoie sont assez denses. Je storyboarde ensuite et nous échangeons énormément jusqu'à ce que l'alchimie opère.
LGC : On en est au tome 3 d'Urban, la série est toujours prévue en 6 tomes ? Quand prévoyez-vous la sortie du tome 4 ?
Roberto Ricci : L'histoire a été réduite à 5 tomes pour éviter de trop décompresser. C'est plus dur pour moi car le storyboard doit être beaucoup plus percutant et nerveux. Je crois que c'est mon travail le plus dur à ce jour. Le tome 4 est prévu pour septembre 2016 (NDLR : depuis cette interview, la date de publication a été repoussée en 2017).
LGC : Et pour la suite, je trouve qu'Urban se prête à une adaptation en série TV ou en films. Il y a quelque chose dans les tuyaux ?
Roberto Ricci :  Un projet de série TV a été optionné par un réalisateur français donc wait and see !
 Découvrir toutes les étapes de créations d'une couverture
LGC : Avant de passer aux questions sur Le Cœur de l'ombre, puis-je connaître vos principales influences en BD mais aussi pour les autres médias ? Vous avez un rapport particulier avec la musique d'après ce que vous m'avez dit.
Roberto Ricci : Niveau BD, j'ai été marqué par Ronin de Frank Miller, Arzak de Moebius et Swampthing de Bernie Wrightson.
 Pour la musique, j'avais fondé un groupe de metal avec mes potes quand j'avais 13 ans. On s'appelait les Nunkrusha (NDLR : broyeurs de nonnes) et on faisait du gros "grind" (NDLR : le grindcore, un style de metal à base de cris gutturaux et d'enchaînements rapides à la guitare et à la batterie... définitivement pas pour les fragiles). En grandissant, je me suis ouvert au jazz et à d'autres styles de musiques. Quand j'avais 18 ans, je devais aller au Brésil avec mon prof de musique pour ouvrir un studio et puis il y a eu cette fameuse blessure au tendon... Si je devais dresser un top 3 musical, ce serait Frank Zappa période Roxy, King Crimson et Alan Howarth.
Enfin, je suis un gros fan de Blade Runner et d'Alien de Ridley Scott mais aussi de The Meaning of life des Monty Python.
LGC : Ok, c'est le moment de la fameuse question "Frank Miller ou Alan Moore" ? 
Roberto Ricci : Ah ! Je préfère Miller à Moore mais j'ai peur de sa droitisation... Le travail de recherche de Moore est énorme mais je suis définitivement fan de Miller.
Ayant assez d'informations sur Roberto Ricci et sur Urban, je proposais à Laura Iorio de m'en dire plus sur Le Cœur de l'ombre. Voici sa présentation de ce projet décidément très intrigant !
Laura Iorio et Roberto Ricci, toujours souriants
LGC : Alors, que pouvez-vous me dire sur Le Cœur de l'ombreLaura ? Est-ce votre premier travail de couple avec Roberto ?
Laura Iorio : Non, nous avons déjà travaillé ensemble chez BDMusic sur l'ouvrage  June Christy scénarisé par Giancarlo Dimaggio. Je m'occupe des illustrations et du scénario avec Marco Cosimo D'Amico, tandis que Roberto se charge du storyboarding et de la couleur avec moi. Je travaille dans l'illustration à la base, mais comme c'est un secteur compliqué, je me suis également tournée vers la BD. Depuis 2015, j'ai recommencé à travailler dans l'illustration et je prépare un premier album illustré sur un conte écrit par mon amie et collègue Daniela Volpari
Le Cœur de l'ombre, c'est l'histoire de Luc, un petit garçon français de 10 ans avec des origines italiennes. Il a la particularité d'avoir peur de tout à cause d'une mère protectrice. Chaque nuit il reçoit en fait la visite de L'Uomo Nero / L'Homme Noir, un croque-mitaine de célèbres comptines italiennes utilisé par les parents pour forcer les enfants à être sages.

Laura Iorio : Une nuit, Luc arrive à toucher L'Uomo Nero, ce qui inquiète celui-ci. Du coup, il emmène le petit garçon au Royaume des ombres, le monde de tous les Boogie Men (NDLR : croque-mitaines), très inspiré par l'esthétique de Tim Burton. Ce sera le début d'un road trip aux airs de quête initiatique dans le monde entier entre toutes les dimensions pour en savoir plus sur le phénomène du fameux contact physique. 

Illustration préparatoire et recherche pour L'Uomo Nero
LGC : Ça a l'air vraiment excellent ! Je suis friand de BD jeunesse et votre patte graphique fait bien ressortir la thématique fantasmagorique du récit. On ressent une influence "Burtonesque" mais pas que. Quelles sont vos autres sources d'inspiration ?
Laura Iorio : Pour l'illustration, mes références sont Rebecca Dautremer et notamment son Babayaga, les courants de peinture comme les Préraphaélites (mouvement de peinture anglaise du 19e siècle) et le Golden Age Américain (1880-1920) dont Norman Rockwell était un des plus célèbres représentants. Enfin,comme Roberto, je suis une grande fan de Bernie Wrightson et de son Frankenstein.
Niveau BD, je suis très manga et j'adore La Rose de Versailles / Lady Oscar de Riyoko IkedaVideo Girl Aï de Masakazu Katsura et Maison Ikkoku de Rumiko Takahashi, J'ai d'ailleurs voté pour cette dernière pour le Grand Prix d'Angoulême. J'ai aussi quelques coups de cœur comics et BD dont le Elektra Assassin de Bill Sienkiewicz et l'œuvre entière du dessinateur italien Gipi (Notes pour une histoire de guerre).
Pour les films, je suis bien entendu fan de Tim Burton mais aussi de Thrillers et d'adaptations de romans. Si je devais dresser une liste, ce serait Sunset Blvd. de Billy WilderArsenic and Old Lace de Frank Capra et Back To The Future de Robert Zemeckis.
Pour la musique, j'écoute pas mal de jazz et de grandes voix féminines comme Aretha Franklin ou Ella Fitzgerald et je suis une grande fan de David Bowie.
 Découvrez les magnifiques peintures de Laura Iorio
Laura Iorio est une virtuose de la gouache sur papier
LGC : Je vous remercie pour toutes ces réponses, je surveillerai Le Cœur de l'ombre avec attention. Bonne continuation à tous les deux et à bientôt !
Laura et Roberto : À bientôt !
 Cette rencontre avec le couple Ricci - Iorio constitua un de mes meilleurs moments du FIBD d'Angoulême et je ne peux que vous encourager à jeter un œil à leurs différents projets : Urban, le thriller d'anticipation virtuose que Roberto Ricci mène de mains de maîtres avec le sémillant Luc Brunschwig et Le Cœur de l'ombre, le livre jeunesse aux accents Burtoniens réalisé par le couple prévu pour le 29 avril prochain.
Urban, Tome 1 : Les règles du jeu Découvrir Le coeur de l'ombre, Tome 1 : Voici venir l'uomo nero
Sources images : Le blog de Roberto Ricci et le blog de Laura Iorio 

Mais qui sont Roberto Ricci et Laura Iorio ?

Bio
  • Date de naissance : Les 70's et les 80's
  • Nationalités : Italiens tous les deux
Recette créative
  • ingrédients favoris : approche dynamique du découpage pour Roberto, illustrations à la peinture et couleurs chaudes pour Laura.
Roberto et Laura forment un couple d'artistes bourré de talent qui multiplie les projets en commun et en solo. Leurs influences éclectiques vont des comics aux peintres du courant Préraphaélite du 19e siècle.

Les œuvres cultes de Roberto et Laura

Roberto Ricci
  • BD : Ronin de Frank Miller, Arzak de Moebius, Swampthing de Bernie Wrightson
  • Films : Blade Runner et Alien de Ridley Scott, The Meaning of life des Monty Python
  • Musique : Frank Zappa, King Crimson, Alan Howarth
Laura  Iorio
  • Illustration : Babayaga de Rebecca Dautremer, le courant de peinture Préraphaélite, Frankenstein de Bernie Wrightson
  • BD : La Rose de Versailles / Lady Oscar de Riyoko Ikeda, Video Girl Aï de Masakazu KatsuraMaison Ikkoku de Rumiko Takahashi 
  • Films : Sunset Blvd. de Billy Wilder, Arsenic and Old Lace de Frank Capra, Back To The Future de Robert Zemeckis.
  • Musique : Aretha Franklin, Ella Fitzgerald, David Bowie

12.11.15

Interview de Paul Cauuet et Wilfrid Lupano pour la sortie des Vieux Fourneaux Tome 3


À l'occasion de l'avant-première au Mans du tome 3 des Vieux Fourneaux organisée par la Librairie Bulle sur la place du marché des Jacobins, j'ai pu interviewer le duo créatif derrière la série entre deux séances de dédicaces.


J'avais une formation de Bistrôliste à la base moi ! Lupano
Le Goûteur Culturel : Bonjour messieurs, merci d'avoir accepté cette interview.
Je vais commencer en douceur en vous demandant de présenter votre parcours et de me donner les détails de votre rencontre.
Wilfrid Lupano : Je suis arrivé dans la BD par hasard, des amis musiciens qui avaient pour habitude de jouer dans mon bar m'ont proposé un scénario quand j'avais 28 ans. J'avais une formation de Bistrôliste à la base moi ! Oui, c'est un mot que j'ai inventé hier soir pour définir ma condition de gérant de bar / organisateur de parties de jeux de rôles.
On s'est lancés et Little Big Joe a été publiée chez Delcourt en 2001.
Paul Cauuet : Pour moi ça a été un cheminement logique, j'ai toujours rêvé de faire de la BD. Du coup à 21 ans, juste après la fac d'Arts Appliqués, je me suis lancé avec la série Aster scénarisée par Guillaume claavery, publiée chez Delcourt en 2003.
Le vin, le saucisson et les olives ça rapproche ! Cauuet
LGC : Des "enfants de Delcourt" en somme, c'est dans les couloirs de la maison que vous vous êtes rencontrés ?
Cauuet : En fait c'est en tournée. On est d'abord devenus potes en se rendant compte qu'on avait pas mal de passions communes, dont la passion de l'apéro. Ben oui, le vin, le saucisson et les olives ça rapproche !
Lupano : C'est surtout parce que Paul s'est rendu compte que je tenais un bar dans un coin qu'il connaissait (ils viennent tous les deux de Toulouse) et qu'il pouvait venir se faire payer des coups. Par la suite on a bossé sur une BD ensemble, L'Honneur des Tzarom, encore une fois chez Delcourt haha !


Le point de départ des Vieux Fourneaux c'était d'encrer le récit dans le réel... Lupano
LGC : Wilfrid, d'où vous vient cet art de la punchline qu'on retrouve dans Les Vieux Fourneaux et dans vos autres titres ? Je crois déceler du Michel Audiard dans certains dialogues.
Lupano : Oui, il y a bien sûr une influence des grands films du patrimoine cinématographique français, mais le bistrot reste ma source inépuisable d'inspiration. Mes parents en tenaient un et j'ai très vite baigné dans les conversations de comptoir et la gouaille populaire. Ça m'a donné l'amour de l'argot, des grandes gueules, ce qui m'a amené à me plonger dans les ouvrages des maîtres en la matière comme Alphonse Boudard (La Métamorphose des cloportes, Le Café du pauvre...) ou Jean-Marie Gourio (les recueils des Brèves de comptoir...). J'ai également pu piocher dans les écrits du poète anarchiste Gaston Couté et bien sûr dans les chansons de Brassens dont la chanson Le temps ne fait rien à l'affaire (plus connue sous le nom de Quand on est con) est clairement à l'origine du titre de la série Les Vieux Fourneaux.

LGC : Du coup dans toutes vos œuvres on peut voir que vous avez un attachement au terroir et aux gens "simples", c'est une démarche militante ?
Lupano : Le point de départ des Vieux Fourneaux c'était d'encrer le récit dans le réel, dans une région (le Sud-Ouest, leur région à Paul et lui), avec de vraies personnes, loin d'une imagerie diffusée par un certain type de cinéma français...
Cauuet : Raconter des histoires comme celles des films qui montrent des gens riches avec leurs problèmes de riches dans leurs lofts parisiens, ça ne nous intéresse pas.
Lupano : Il n'y a pas de revendications régionalistes toutefois, nous considérons juste cette démarche comme un axe de construction plus authentique pour faire des histoires qui parlent aux vrais gens. On a un amour des gens ordinaires qui vivent des situations extraordinaires et non l'inverse.
LGC : Un peu comme les "losers héroïques"des films des frères Coen ?
Lupano : Oui, c'est un peu ça, mais il faut faire gaffe à bien prendre l'expression "loser" dans son sens british. En France, on a tendance à traduire ça par "perdant" alors que du côté british, c'est plutôt celui de "perdeur" avec des personnages qui se mettent dans la merde et c'est ce qu'on cherche à dépeindre.
le subconscient a peut-être parlé à travers le crayon en donnant des airs d'Uderzo à Pierrot par exemple. Cauuet 
LGC : Votre trait dans Les Vieux Fourneaux est une sorte d'hommage vibrant au patrimoine de la BD franco-belge, vous n'avez jamais été attiré par un style lorgnant plus vers le Comics ou le Manga ?
Cauuet : Pour Les Vieux Fourneaux, nous avons effectué des recherches de personnages et de styles (avec même un essai dans un style plus réaliste) pour arriver au résultat final entre le réalisme et le cartoony pour les personnages mais avec des décors super réalistes. Au début on partait sur un rendu plus simple au niveau des décors mais mon expérience dans les récits de fantasy et SF avec des décors fourmillants de détails m'a vite rattrapé.
LGC : Et vous vous êtes inspirés de votre entourage pour les designs des personnages principaux ?
Cauuet : En fait non, on s'était vraiment lancés Wilfrid et moi dans des recherches documentaires pour les personnages mais au final le subconscient a peut-être parlé à travers le crayon en donnant des airs d'Uderzo à Pierrot par exemple.
Lupano : Quasiment à chaque dédicace, les lecteurs viennent nous dire que certains personnages leur rappellent leurs grands parents (que nous ne connaissons bien évidemment pas). C'est peut-être parce que, de la même manière qu'on dit que tous les enfants se ressemblent, l'être humain en vieillissant revient petit à petit vers cet état pour avoir plusieurs même modèles de petits vieux.
LGC : Vous avez toujours manié le crayon sur les différents projets sur lesquels vous avez travaillé, vous n'avez jamais voulu scénariser ?
Cauuet : En fait, comme je me reconnais dans tous les scénarios qu'on m'a proposé jusqu'à maintenant, je ne me suis jamais posé la question. Pour l'instant je compte rester au dessin.
LGC : Et vous Wilfrid ?
Lupano : J'ai un rapport particulier au dessin pour ma part.  J'ai une connaissance technique mais je trouve le processus de création quasi mystique. Des dessinateurs me demandent mon expertise sur leurs dessins et je peux leur dire ce qui fonctionne ou pas mais en même temps je suis incapable de dessiner. Je crois qu'une partie de moi sait dessiner mais que ma main ne sait pas le faire : j'ai un champ de connaissance hors de portée de ma zone de compétences haha !
Les frictions dans les histoires d'amour sont plus intéressantes car il faut continuer à s'aimer avec des compromis. Lupano 
LGC : Encore une histoire de femme dans ce tome 3 (même si elle est moins présente que dans les deux autres tomes). Avec vos histoires on pourrait d'ailleurs croire qu'à l'automne de leur vie, les vieilles branches se transforment en vieilles cornes. D'où vient ce fatalisme ? Les hommes sont-ils destinés à être des cocus ?
Lupano : "Vous avez deux heures" ! Plus sérieusement, c'est juste parce que nous essayons de raconter des histoires réalistes et qu'il n'y a rien à écrire sur les couples heureux. Les frictions dans les histoires d'amour sont plus intéressantes car il faut continuer à s'aimer avec des compromis.
LGC : Tout ça, c'est parce que vous êtes un romantique donc ?
Lupano : Haha ! Oui, ce doit être ça. Révélation !
Et d'ailleurs, à propos d'animation, ma blague préférée de l'année c'est... Lupano 
LGC : Bon, dernière salve de questions avant de vous libérer pour votre séance de dédicace de l'aprem. Après les albums sur Antoine, Pierrot, Mimile et Sophie (qui est déjà prévu), vous comptez en écrire un cinquième ?
Lupano : Oui, il y en aura bien un cinquième qui fera office de conclusion globale mais je ne peux pas en dire plus pour l'instant...
LGC : Et sinon, des projets d'adaptation des Vieux Fourneaux ? Films d'animation, série TV, Pièces de théâtre ?
Lupano : Les droits ont été achetés par une boîte de production pour en faire un film, c'est le meilleur format selon nous, bien plus pertinent qu'un film d'animation. Et d'ailleurs, à propos d'animation, ma blague préférée de l'année c'est celle de la ville de Gif-surYvette qui se voit renommer Jpeg-sur-vette pour son manque d'animation !
Cauuet : La grosse blague de graphiste...
LGC : Mais il y a des gens bien chez les graphistes (il paraît) !
LGC : Merci pour le temps que vous m'avez accordé et pour le café (oui, c'est le monde à l'envers, les auteurs de BD payent des cafés aux "journalistes").
Cauuet et Lupano : Mais de rien !

Par la suite, j'accompagnais le duo vers la librairie Bulle pour leur deuxième (grosse) demi-journée de dédicace. J'en profitais pour faire une petite photo avec Samuel, le grand patron de la librairie, que je remercie encore une fois d'avoir organisé cette rencontre avec ces deux auteurs exceptionnels qui nous concoctent à chaque fois de délicieux albums au bon goût de terroir.


 Découvrez Les Vieux Fourneaux T.3
Les Vieux Fourneaux, tome 3 : Celui qui part
Scénario : Wilfrid Lupano, dessin : Paul Cauuet
Éditeur : Dargaud, Prix : 11,99 €

Les œuvres cultes des auteurs des Vieux Fourneaux T3

3 BD cultes :
  • Lupano : Calvin & Hobbes (Bill Watterson), Astérix - Le Domaine des dieux (René Gosciny et Albert Uderzo), Sutures (David Small)
  • Cauuet : Astérix en Corse (René Gosciny et Albert Uderzo), Peter Pan (Régis Loisel), Jeremiah (Hermann)

3 albums musicaux cultes
  • Lupano : Concerto pour détraqués (Bérurier Noir), American Caesar (Iggy Pop), Reflektor (Arcade Fire)
  • Cauuet : Musiques de films (bouh, le tricheur !), Boby Lapointe (Boby Lapointe), Nougayork (Claude Nougaro... chanté en karaoké)

3 films cultes
  • Lupano : The Big Lebowski(Joel et Ethan Coen), Mad Max 2 (George Miller), La Grande Vadrouille (Gérard Oury)
  • Cauuet : The Big Lebowski (Joel et Ethan Coen), Le Nom de la rose (Jean-Jacques Annaud), L'Été meurtrier (Jean Becker)